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Retraites : le simulateur du gouvernement : une copie à revoir !

« Fake news », « mensonges », « syndicats irresponsables »…on a tout entendu ou presque de la bouche du ministre de l’Éducation Nationale et du gouvernement en réaction au simulateur mis en ligne par la FSU au début du mois de novembre. Après avoir ainsi vivement mis en cause les organisation syndicales, notamment la FSU, le gouvernement s’est drapé dans une posture soi-disant responsable, en annonçant un simulateur, un vrai, sur la base de paramètres définis. « Nous mettrons les simulations en ligne quand les paramètres seront définis », nous assurait-on encore il y a deux jours.
Voilà donc publié ce jeudi 19 décembre le simulateur tant attendu. Très rapidement, un constat s’impose : sur le fond comme sur la forme, rien ne va. Le gouvernement voulait communiquer sur la réforme des retraites et rassurer les Français, c’est raté. Décryptage.

Un simulateur qui n’en est pas un

Le simulateur… n’est pas un simulateur ! Après avoir saisi sa profession et son année de naissance…surprise : pour quiconque né après 1975, le scoop est de taille « vous êtes concerné par la réforme » ! Peut-être s’agit-il là d’une précision utile pour ceux qui « ne comprennent pas tout » pour reprendre une expression employée par le Ministre de l’Éducation Nationale. Mais c’est bien la seule information à laquelle nous aurons droit : aucun calcul, aucun chiffre un tant soit peu personnalisé.

Pour les personnes nées avant 1975, l’affirmation « vous n’êtes pas concerné par le futur système universel de retraite », est trompeuse. Ces générations seront tout de même concernées par la création d’un âge pivot à 64 ans, avec des décotes pour les actifs qui partiront avant cet âge. S’il est mentionné « un départ à taux plein à un âge d’équilibre à 64 ans est proposé pour 2027 », en réalité, c’est dès 2022, et non à partir de 2027, que les actifs qui partiront à la retraite avant 64 ans subiront les effets d’une décote. Les générations nées avant 1975 sont donc bien concernées.

Un simulateur qui ne donne aucune projection personnelle et aucune donnée chiffrée peut-il être raisonnablement présenté comme un outil permettant à chacun d’en savoir plus sur sa retraite ? Pour mémoire, le simulateur de la  FSU permet de faire des estimations personnalisées : Et ma retraite ?!

Des erreurs flagrantes

À côté du faux simulateur, le gouvernement propose des fiches pour des cas types qui sont truffées d’erreurs grossières : formules recopiées de fiches en fiches , incohérences, tout montre que cet outil a été conçu dans la précipitation, et n’a même pas bénéficié d’une relecture attentive.

* Christelle : professeure certifiée tombée dans une faille spatio temporelle.
Ainsi, nous découvrons Christelle, professeure certifiée née en 1990. Christelle a commencé à travailler à 22 ans. Le gouvernement annonce qu’elle va faire 23 ans dans le système actuel avant de basculer dans le nouveau système. Un rapide calcul montre qu’on sera alors en 2035. Or, le système de retraite par point est censé entrer en vigueur en 2025. Une erreur de calcul de 10 ans ! Le Ministre de l’Éducation Nationale a-t-il prêté sa calculatrice qui lui sert à compter le nombre de grévistes au Premier Ministre ?

*Laurent : professeur certifié qui voit sa pension diminuer après la revalorisation Blanquer
Nous découvrons également le cas de Laurent, professeur certifié né en 1980. D’après les calculs du gouvernement, en partant à 67 ans, Laurent aurait une pension de 3376 € brut sans revalorisation. Avec la revalorisation annoncée par Jean-Michel Blanquer, Laurent aura une pension de 3290 € brut, soit 86 euros de moins. Une revalorisation qui fait perdre de l’argent, voilà un concept disruptif !

* Agnès, professeur des écoles qui va toucher moins que les autres fonctionnaires

E. Philippe l’a promis : la pension des enseignants ne diminuera pas « nous inscrirons dans la loi la garantie selon laquelle le niveau des retraites des enseignants sera comparable au niveau des retraites des fonctions ou des métiers équivalents dans la Fonction publique. »
Une rapide comparaison avec les cas types d’autres fonctionnaires de même catégorie met pourtant en évidence une inégalité de traitement en défaveur des enseignants, y compris en tenant compte de la « revalorisation » promise.
Ainsi, avec un départ à 64 ans, Agnès, professeure des écoles née en 1990, touchera 250 € de moins par mois que Chantal, attachée d’administration née la même année. Il subsiste donc une inégalité de traitement entre fonctionnaire de même catégorie. Le gouvernement montre donc, chiffres à l’appui, que les enseignants restent les grands perdants de la réforme des retraites !

Des « cas types »… atypiques

Revenons sur l’exemple de Laurent, que l’on nous présente comme un « cas type » de professeur certifié. Laurent est donc :
- un homme, comme moins de 40 % des enseignants,
- qui touche 16 % de primes sur l’ensemble de sa carrière, quand la moyenne est de 13,9 %,
- qui a commencé à travailler 22 ans… Comme moins de 10 % des enseignants !
Peut-on sérieusement prétendre que Laurent est représentatif de la profession ?

Cherchons donc une femme. Voilà Christelle, professeure certifiée née en 1990 qui touche… 18 % de primes ! Alors qu’en réalité, les chiffres officiels le montrent : dans l’Éducation nationale, les femmes touchent significativement moins de primes que les hommes.

Ces cas atypiques ne sont-ils pas la préfiguration de l’application des primes Blanquer, alors synonymes de nouvelles missions, d’alourdissement de la charge de travail dans le cadre d’une redéfinition du métier qui est synonyme de remise en cause de notre statut…. ?

Revalorisation, quelle réalité ?

Enfin, c’est écrit en police 16 dans une des fiches « le gouvernement garantit aux enseignants que leur retraite ne baissera pas ». En réalité, on sait bien peu de chose sur cette hypothétique revalorisation. Le Ministre a annoncé l’inscription de 10 milliards dans une loi de programmation mais cela ne garantit rien. En se fixant comme échéance 2037, le gouvernement étale le processus sur 18 ans, soit 3 quinquennats ! Rien n’assure que les prochains gouvernements suivront bien ces engagements : ce que l’un peut faire, le suivant peut le défaire. Ainsi, une des premières décisions du gouvernement a été de geler le PPCR pendant 1 an, pourtant inscrit dans des textes réglementaires, faisant perdre ainsi un an à l’ensemble de la profession. De plus, ces 10 milliards ne bénéficieront pas à tout le monde et seront distribuées uniquement selon des contreparties liées à la redéfinition de notre métier (voir ci-dessus et notre décryptage des annoncées du Ministre le 11 décembre).

Conclusion

Le site mis en ligne aujourd’hui par le Gouvernement ressemble davantage à une opération de communication réalisée dans l’urgence, censée répondre aux inquiétudes des français et ainsi faire refluer la mobilisation. L’opération de communication est ratée.
En réalité, une grande majorité de la population a déjà très bien compris la logique de cette réforme qui conduit à une baisse des pensions. La mobilisation d’une ampleur inédite depuis plusieurs années va donc continuer !

Retraites : grève le 9 janvier

Communiqué intersyndical du jeudi 9 janvier 2020.

Communiqué CGT, FO, FSU, Solidaires, FIDL, MNL, UNEF, UNL

L’intersyndicale a fait le bilan de l’énorme mobilisation qui, une nouvelle fois, a eu lieu le mardi 17 décembre rassemblant les salarié.es du secteur privé, du public, les jeunes, les privé.es d’emploi, de nombreux cadres et les retraité.es.

Toutes et tous ont compris qu’avec ce projet gouvernemental, toutes les catégories socio-professionnelles et toutes les classes d’âge seraient perdantes.

Face à ce mouvement social soutenu par la population et porté par la majorité des organisations syndicales du pays, le gouvernement n’entend pas et annonce vouloir maintenir sa réforme à point. Il avance, aujourd’hui, vouloir relancer un cycle de discussions, sans issue dans un cadre d’équilibre budgétaire contraint alors que la seule solution est de retirer sans délai ce projet régressif.

En conséquence, au-delà des initiatives d’ores et déjà programmées, le 19 décembre et sans trêve jusqu’à la fin de l’année 2019, les organisations appellent à une nouvelle puissante journée de grève et de manifestations interprofessionnelles et intergénérationnelles le jeudi 9 janvier 2020

CTMEN du 18 décembre 2019 – moyens pour la rentrée 2020

mercredi 18 décembre 2019

La FSU quitte le comité technique ministériel de l’Éducation nationale.
La situation sociale est marquée par un puissant mouvement face aux choix politiques du gouvernement et à son projet de réforme des retraites qui cristallise aujourd’hui tous les mécontentements (rémunérations, reconnaissance professionnelle, conditions de travail…). Le gouvernement choisit de ne pas répondre aux légitimes revendications d’amélioration de notre système de retraites. Il s’entête à vouloir à tout prix maintenir en ce moment la tenue d’instances de dialogue social dans lesquelles il entend passer en force sa politique en refusant de prendre en compte la parole des organisations syndicales représentant les personnels.
Dans ces conditions, soulignant à nouveau l’insuffisance des moyens, la FSU a décidé d’exprimer la colère et l’inquiétude des personnels en quittant cette séance du CTMEN où sont présentées des mesures de rentrée d’ores et déjà décidées qui vont continuer de dégrader les conditions d’études des élèves et de travail des personnels.La FSU attend maintenant du gouvernement qu’il change de méthode.
A Paris, le 18 décembre 2019

COMMUNIQUÉ DE L’INTERSYNDICALE 19/12/19


L’intersyndicale a fait le bilan de l’énorme mobilisation qui, une nouvelle fois, a eu lieu le mardi 17 décembre rassemblant les salarié.es du secteur privé, du public, les jeunes, les privé.es d’emploi, de nombreux cadres et les retraité.es.
Toutes et tous ont compris qu’avec ce projet gouvernemental, toutes les catégories socio-professionnelles et toutes les classes d’âge seraient perdantes.
Face à ce mouvement social soutenu par la population et porté par la majorité des organisations syndicales du pays, le gouvernement n’entend pas et annonce vouloir maintenir sa réforme à point. Il avance, aujourd’hui, vouloir relancer un cycle de
discussions, sans issue dans un cadre d’équilibre budgétaire contraint alors que la seule solution est de retirer sans délai ce projet régressif.
En conséquence, au-delà des initiatives d’ores et déjà programmées, le 19 décembre et sans trêve jusqu’à la fin de l’année 2019, les organisations appellent à une nouvelle puissante journée de grève et de manifestations interprofessionnelles et inter générationnelles le jeudi 9 janvier 2020.

Postes aux concours 2020

Premiers effets de la réforme Blanquer de la voie professionnelle sur les concours de recrutement

Alors que la chute de 17,4 % du nombre d’inscrit·es aux concours PLP n’était déjà pas bon signe, le couperet est tombé avec cette annonce du ministère : 1340 postes sont offerts à l’externe, soit une baisse de 6,6 % par rapport à 2019 (moins 95 postes). Certes, cette crise de recrutement touche aussi d’autres domaines du 2nd degré mais c’est en lycée professionnel qu’elle est la plus prégnante !

Ces chiffres en baisse sont le résultat de la mise en œuvre de la transformation de la voie professionnelle. Ainsi, il n’est pas surprenant de constater que parmi les disciplines les plus touchées se trouvent nombre de disciplines parmi les plus impactées par la réforme : 23,1 % de postes en moins en Lettres-Anglais, 20 % en Lettres-Espagnol, 12,3 % en Lettres-Histoire géographie. Mais l’hémorragie touche aussi l’enseignement professionnel : baisse de recrutement d’un tiers en Bâtiment option Peinture-revêtements, de 15,4 % en Commerce-vente. En regardant l’évolution depuis 2016, les chiffres font peur ! En Gestion-administration, le nombre de places a été presque divisé par 3 ! En Lettres-Histoire-Géographie, les postes ouverts au concours externe ont diminué plus que de moitié !

Il y a donc urgence. Urgence à abandonner la réforme Blanquer de la voie professionnelle. Urgence à mettre en place d’une politique de pré-recrutement ambitieuse, qui ne prendrait pas la forme d’une pré-contractualisation, mais qui offrirait à nos futur·es collègues des conditions d’entrée dans le métier qui soient dignes : une formation de deux ans sous statut d’élèves-professeur·es comme cela a déjà pu exister avec succès dans le passé.

Mais que fait le ministère ? Rien !
Le groupe de travail sur la question spécifique du CAPLP, promis depuis des années, ne s’est réuni pour le moment qu’une seule fois, la seconde réunion ayant été reportée sine die. M. le Ministre, qu’attendez-vous pour agir ? Qu’il n’y ait plus d’enseignant·es titulaires pour enseigner en lycée professionnel ? Si là est votre but, soyez en sûr, le SNUEP-FSU vous a démasqué !

Paris, le 9 décembre 2019

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Annonces du premier ministre le 11 décembre 2019

Amplifier le mouvement :
seule réponse valable aux annonces ministérielles

Les annonces du Premier ministre sur la réforme des retraites montrent que nos dirigeants refusent d’entendre la colère des personnels et leurs revendications. Le gouvernement n’apporte aucune réponse à la contestation historique qui s’organise dans l’ensemble de la société depuis le 05 décembre. Il refuse de réduire les injustices existantes notamment concernant les inégalités entre les femmes et les hommes.

Les professeur·es de lycée professionnel (PLP) mobilisé.es sont conscient·es de l’orientation ultra-libérale de cette réforme qui a pour seul objectif de baisser le montant de leur pension et d’augmenter l’âge de départ. L’alignement annoncé des pensions de l’ensemble des cadres A n’est aucunement une garantie du maintien des niveaux de pensions pour les enseignant·es. Au contraire c’est le risque d’un nivellement par le bas pour tou·tes. Les PLP ne sont pas dupes des effets de manche de E. Philippe et de sa communication ministérielle qui ne résiste pas à l’épreuve de la réalité.

Le ministre Blanquer ose encore annoncer que son objectif est d’améliorer l’attractivité du métier, le bien-être et la santé au travail des enseignant·es. Pourtant, en imposant sa réforme, il a profondément dégradé les conditions de travail des PLP. Il n’a même pas daigné s’expliquer ni apporter des mesures suite à l’alerte sociale déposée par SNUEP-FSU au CHSCT ministériel qui a pourtant confirmé les risques psycho-sociaux liés à la réforme.

Concernant les salaires, rien n’est sur la table ! Les PLP n’ont aucune confiance en ce ministre et exige un budget dédié pour une revalorisation salariales immédiate sans contrepartie.

Pour le SNUEP-FSU, Ce n’est pas en martelant sans cesse les mêmes contre-vérités que le gouvernement calmera les ardeurs de la rue.
Par sa tentative de diviser les générations et les catégories, pourtant toutes lésées par le projet, le gouvernement démontre son cynisme.
Les PLP sont déterminé·es à maintenir la pression sur le gouvernement.

Le SNUEP-FSU soutient tous les établissements qui reconduisent d’ores et déjà la mobilisation. Il appelle tous les personnels des lycées professionnels à la grève dès le jeudi 12 décembre, à se retrouver dans les manifestations samedi 14 et à amplifier les mobilisations dans la grève interprofessionnelle le mardi 17 décembre.
Jeunes, retraité·es, salarié·es du privé et du public, disons haut et fort notre opposition à la retraite à points !
Plus que jamais nous pouvons gagner ! Ensemble mettons un coup d’arrêt à cette réforme injuste.

Paris, le 11 décembre 2019

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LES PLP MOBILISÉ·ES LE 5 DÉCEMBRE

5 décembre 2019 : une grève historique !
L’enseignement professionnel majoritairement en grève pour obtenir le retrait de la réforme des retraites

Le SNUEP-FSU se félicite de la très forte mobilisation des personnels de la voie professionnelle à l’occasion de la journée interprofessionnelle de grève du 05 décembre contre la réforme des retraites. Ensemble, enseignant·es, CPE, surveillant·es, AESH, sont plus de 2 sur 3 en grève et très présent·es dans la rue. Elles et ils manifestent leur profond désaccord avec le

Les professeur·es de lycée professionnel (PLP) disent ASSEZ !

Déjà, et comme le prouvent les conclusions du CHSCT ministériel, l’actuelle réforme de la voie professionnelle aura de graves conséquences sur la santé physique, mentale et sociale des personnels. Les rémunérations des PLP n’évoluent pas, quand leur pouvoir d’achat baisse année après année. Et le système par points proposé par le gouvernement engendrera inexorablement une baisse drastique du montant de leurs pensions.

Or, la seule réponse du Président de la République, relayée par le ministre de l’Éducation nationale, consiste à proposer d’allonger la durée de carrière. Déjà, le Président et le ministre contribuent à rendre les carrières des PLP de plus en plus pénibles. Et les seules pistes envisagées pour augmenter les salaires sont conditionnées à des missions supplémentaires et une diminution des congés ! Pour le SNUEP-FSU, c’est inacceptable !

C’est pourquoi, tant que cette réforme des retraites ne sera pas retirée, le SNUEP-FSU appelle les personnels à donner des suites rapides à cette journée du 5 décembre 2019.
Il soutient les reconductions décidées collectivement et appelle à tenir des assemblées générales et heures d’informations syndicales dès demain pour débattre des suites du mouvement. D’ores et déjà, le SNUEP-FSU appelle à un nouveau temps fort national de grève le 10 décembre.

Paris, le 5 décembre 2019

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