Économie-gestion au bac pro 2017 : un sujet orienté pour mieux orienter vers l’apprentissage ?

Le sujet national d’Économie-Gestion proposé le vendredi 16 juin 2017 aux candidat-es du baccalauréat professionnel est proprement scandaleux !
Dans le sujet C, il est demandé aux candidat-es d’argumenter sur « l’intérêt de poursuivre ses études en contrat d’apprentissage plutôt que sous statut d’étudiant/e ». Les candidat-es sont ainsi contraint-es de s’appuyer sur les habituels poncifs, souvent erronés, présentant ce système de formation comme la voie d’excellence d’accès au diplôme. Les candidat-es se voient, de plus, proposer différentes thématiques pour leur développement, parmi lesquelles bien entendu « les avantages du contrat d’apprentissage ».
Le SNUEP-FSU rappelle régulièrement que les chiffres présentés de manière isolée, comme dans le sujet de l’épreuve, n’ont aucune valeur scientifique s’ils ne sont pas mis en perspective avec d’autres données remarquables comme le taux d’accès au diplôme (71 % par la voie scolaire ; 51 % par apprentissage), le taux de décrochage ou de ruptures de contrats (38 % chez les moins de 18 ans), le taux de poursuites d’études… Si l’on considère l’ensemble de ces données, l’enseignement professionnel, qui scolarise trois fois plus de jeunes au niveau V et IV, contribue davantage à leur réussite et pèse moins lourd sur les finances publiques.
Le SNUEP-FSU dénonce cette opération de propagande qui n’a d’autre finalité que de vouloir formater les esprits des élèves de l’enseignement professionnel. Pour les bachelier-es professionnel-les, comme pour les autres lycéen-nes, les savoirs enseignés doivent permettre le débat contradictoire pour une formation citoyenne émancipatrice.
Le SNUEP-FSU est scandalisé de voir que des choix idéologiques discutables sont dorénavant présentés comme des vérités dans des épreuves certificatives. Il est urgent de revaloriser la filière professionnelle scolaire, d’autres alternatives sont possibles, et notre fédération, la FSU, en est porteuse. Le SNUEP-FSU ne manquera pas de le rappeler, chaque fois que cela sera nécessaire.

Le SNUEP-FSU demande au ministère de s’expliquer sur le choix très orienté de ce sujet.

Décès Thierry MANSUY

Nous avons appris lundi 22 mai le décès de notre ami Thierry Mansuy à l’âge de 58 ans perdant, après 1 an d’efforts acharnés, un combat déloyal contre le cancer.
Il était membre fondateur dès première heure du SNUEP-FSU, Professeur de Mathématiques pendant plus de 30 ans au LP Godart-Roger d’EPERNAY (aujourd’hui Stéphane HESSEL), Membre du Bureau National pendant 3 mandats, Elu paritaire dans l’Académie de REIMS, Secrétaire Départemental Marne, Représentant du SNUEP-FSU aux commissions de réforme.
Il était toujours à l’affut d’un bon mot, mais doté d’un sens de l’analyse extrême. Nous perdons un ami sincère, voire un frère et même un père comme me l’a avoué une collègue très jeune dans le métier.
Nous lui dirons adieu vendredi 26 mai à l’église d’Épernay à 15H.
Nous présentons toutes nos condoléances à sa femme qu’il adorait, à ses enfants qui étaient sa fierté.

Pour le Bureau Académique du SNUEP-FSU REIMS
Régis DEVALLÉ

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L’apprentissage contre l’enseignement professionnel public Pour le SNUEP-FSU, c’est non !

Le bureau national du SNUEP-FSU dénonce avec force les projets d’Emmanuel Macron qui constituent une attaque frontale contre l’enseignement professionnel public, en voulant le placer sous la tutelle du patronat. Son objectif de faire de l’apprentissage « le cœur de l’enseignement professionnel » entraînera une dégradation majeure des conditions d’études des jeunes de la voie professionnelle et des conditions d’enseignement des professeur-es de lycée professionnel.

Le développement massif de sections d’apprentissage dans tous les lycées professionnels et l’instauration de périodes de pré-apprentissage après la 3ème visent à instaurer un quasi monopole de l’apprentissage dans la formation professionnelle initiale. Faut-il rappeler que le mixage des publics et des parcours s’est révélé inefficace pour les jeunes ? Qu’il est fortement dénoncé par le SNUEP-FSU et par l’ensemble des personnels ? Faut-il rappeler que, contrairement à ce qu’avance Emmanuel Macron, l’enseignement professionnel public garantit davantage la réussite scolaire et l’insertion professionnelle ? Qu’il est souvent le dernier rempart contre le décrochage et permet à de nombreux jeunes d’accéder à une première qualification ? Le projet d’Emmanuel Macron n’a rien d’une idée « nouvelle » : vieille antienne libérale, il constitue une régression sociale majeure, renvoyant les jeunes les moins favorisé-es sous la coupe du patronat et les privant de leur véritable droit à l’éducation.

Certaines préconisations, comme celle consistant à confier certains élèves sortant de 3ème à des organismes autres que publics ou celle annonçant la création de licences par apprentissage pour les bachelier-es professionnel-les se feront au détriment de l’intérêt des jeunes concerné-es. Vouloir exclure ainsi tout un pan de la jeunesse du service public d’éducation en renvoyant la responsabilité de leur formation uniquement aux entreprises signifie clairement un désengagement de l’État vis-à-vis de l’ensemble des familles concernées.

La menace brandie par le président de la République de supprimer la taxe d’apprentissage à tous les établissements qui ne développeraient pas de sections d’apprentissage relève du chantage et augure mal du respect du dialogue social à venir.

Le SNUEP-FSU dénonce le projet du président de la République qui vise à démanteler l’enseignement professionnel public et qui s’inspire trèslargement des préconisations du Medef, à l’opposé des besoins sociaux et des enjeux économiques à relever.

Le SNUEP-FSU mettra tout en œuvre pour informer les collègues et créer les mobilisations nécessaires afin de faire échec à ce projet.

Pour le SNUEP-FSU, valoriser l’enseignement professionnel public sous statut scolaire fait partie des exigences sociales.

JOURNAL SNUEP-FSU n°98

  • Sommaire
    Tou-tes ensemble, combattre la régression sociale!
    Un congrès pour préparer l’action !
    Laurent Del Gatto : du bac pro ELEEC au bac pro MELEC
    Une circulaire de rentrée aux relents de fin de mandat
    Filières industrielles et travaux des CPC
    Affectation des stagiaires
    Non-titulaires : recrutement, rémunération, formation…
    Ensemble, développons le SNUEP-FSU
    Pourquoi adhérer au SNUEP-FSU
    Formation des stagiaires
    Conservation des notes au prétexte de la lutte contre le décrochage
    2016 : où en est-on dans les prisons ?
    Madagascar 1947 : insurrection et massacres
    Inauguration du 1 er centre culturel tzigane
    Pour nos exigences sociales, contre l’extrême droite
    Plainte contre l’État pour discrimination raciale
    Contacts académiques
    Bulletin d’adhésion

Communiqué intersyndical : Non au transfert aux régions de la formation professionnelle initiale sous statut scolaire

Aujourd’hui plus de 30% des lycéens et lycéennes suivent un parcours de formation dans la voie professionnelle et préparent un CAP, un BEP ou un bac pro qui sont des diplômes nationaux. Transférer l’ensemble des compétences en matière de formation professionnelle initiale aux Régions revient à abandonner l’ambition d’une scolarisation commune pour tous les jeunes de 3 à 18 ans. Ce serait développer des logiques strictement utilitaristes et à court terme en ne proposant que les formations répondant aux besoins immédiats des entreprises d’un territoire. Cela conduirait à accentuer les inégalités régionales et à offrir des formations ne permettant pas aux futur.es salarié.es en formation d’envisager un avenir professionnel au-delà du territoire où ils ont été scolarisés.  Ce projet constitue un recul majeur de l’État et nous ne voulons pas d’une société où l’État se désengage de la formation de 30 % de sa jeunesse. Continuer la lecture de Communiqué intersyndical : Non au transfert aux régions de la formation professionnelle initiale sous statut scolaire