REPRISE LE 11 MAI ??

Le Président de la République a annoncé la réouverture progressive des écoles à partir du 11 mai. Cette annonce s’est faite unilatéralement et n’a fait l’objet d’aucune concertation au préalable.
Pour sa part, Jean-Michel Blanquer a laissé entendre que les lycées professionnels pourraient faire partie des premiers à reprendre.
Cette annonce intervient après des semaines où le gouvernement a montré son impréparation, son mépris et sa capacité à travestir la vérité. Nous n’oublions pas les déclarations ineptes et contradictoires du ministre Blanquer ou les mensonges de Sibeth N’Diaye, porte-parole du gouvernement. Ces gens-là ne sont pas crédibles.

Reprise le 11 mai : médecins et chercheurs y sont opposés

A contrario, nous observons que L’INSERM a émis un avis défavorable quant à cette réouverture précoce ; que le président du Conseil National de l’Ordre des Médecins a déclaré «il n’y a pas d’explication médicale à déconfiner dans le milieu scolaire en premier» ; que le président de la Fédération des Médecins de France a expliqué que « l’ouverture des écoles pour moi (…) je pense que c’est un risque inutile » ; que le
chef du service des maladies infectieuses et tropicales à l’hôpital de la Pitié-
Salpêtrière à Paris expliquait le 15 avril : « Je vous rappelle que dans l’Oise beaucoup d’enseignants sont tombés malades et les enfants testés étaient assez fortement positifs », etc.


Des risques énormes et peu de garanties…

Pourquoi serait-il sans risque d’ouvrir les écoles, les collèges et les lycées quand les
universités, les cinémas, les théâtres, et les restaurants resteront fermés ?
Comment n’y aurait-il pas de contamination dans des lycées scolarisant des centaines d’élèves quand il y en aurait dans un restaurant avec 30 adultes ?
Comment respecter les gestes barrières dans des lycées où s’entassent des centaines d’élèves ?
Comment garantir les distances sanitaires dans les couloirs, les réfectoires, les salles de cours et les ateliers ?
Comment ne pas accroître les risques alors même que l’écrasante majorité de nos élèves utilise les transports en commun pour se rendre au lycée ?
Comment assurer que les établissements ne deviendront pas des foyers de contagion sans tester tous les élèves et les personnels ?
Comment croire que le ministre, qui a supprimé des milliers d’heures et des centaines de postes de PLP, se soucie maintenant en priorité des élèves issus des catégories populaires ?

L’école n’est pas la garderie du MEDEF !

Personne n’est dupe, ce ne sont pas les  inégalités scolaires qui d’un coup interrogeraient un gouvernement qui n’a de cesse que d’imposer des réformes qui les ont aggravées. En réalité cette annonce répond uniquement aux exigences du MEDEF qui réclame à cor et à cris un retour des salarié·es en entreprise immédiatement au mépris de leur santé. Les enseignant·es et les élèves subissent une fois de plus les effets de choix politiques privilégiant le profit sur la santé.
Plutôt que de s’obstiner sur un retour rapide des élèves dans les établissements, le Président Macron et le ministre Blanquer auraient été mieux inspirés en abrogeant la désastreuse réforme de la Voie Pro, en rétablissant les postes supprimés et en mettant en oeuvre un vaste plan de financement pour l’École publique, notamment la
voie professionnelle.

Sans tests ni masques ni gel, impossible de reprendre : nous attendons des réponses

Nous rappelons que le CHSCT ministériel réuni le 3 avril a adopté un avis qui exige qu’ « afin d’endiguer l’épidémie, pour assurer la sécurité et protéger la santé de tous les personnels, le CHSCTM exige la mise en place du dépistage systématique comme le préconise l’OMS, à commencer par celui des personnels ayant des
symptômes et ceux ayant été en contact avec des personnes infectées, de tous les personnels travaillant dans les pôles d’accueil des enfants de soignants ou ceux s’étant rendu sur leur lieu de travail ces trois dernières semaines, ainsi que de tous les personnels à risque ». Plus directement, le CHSCT « demande un dépistage
généralisé des personnels et des élèves comme préalable à toute reprise d’activité ».

Le ministre Blanquer et le Recteur doivent répondre clairement et satisfaire les exigences des personnels et des parents d’élèves. Sans
cela, rien ne sera possible…